La Convention des Nations Unies contre la Corruption, instrument juridique de portée universelle de lutte contre la corruption, a initié la conférence des Etats parties pour améliorer les capacités desdits Etats à atteindre les objectifs énoncés dans ladite Convention, à savoir : promouvoir la coopération entre ses membres, approfondir les mécanismes de sa mise en œuvre, et examiner les meilleurs programmes et pratiques.

La 5ème Session de cette conférence s’est tenue à Panama City (République du Panama) du 25 au 29 novembre 2013 et a vu la participation record de 1142 délégués représentant 139 pays (Etats Parties et Observateurs), organisations régionales et internationales, et la Société civile.

La Côte d’Ivoire y était représentée par une délégation de six (6) personnes conduite par le Ministre de la Justice des Droits de l'Homme et des Libertés Publiques et comprenant l'Ambassadeur de la République de Côte d'Ivoire en Autriche, l'Inspecteur Général des Finances, le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance d'Abidjan plateau, le Directeur de la Police Economique et Financière et un Inspecteur des Finances.

Le principal thème de la conférence était : « l’application intégrale de la Convention des Nations Unies contre la Corruption ». Elle a essentiellement porté sur la mise en œuvre par les Etats parties des dispositions de la Convention relatives à la coopération internationale et au recouvrement d’avoirs.

Le rapport adopté par les délégués à l’issue des travaux souligne, entre autres :

  • l’importance du recouvrement d’avoirs et de la coopération internationale dans la mise en œuvre efficace de la Convention ;
  • la nécessité des réseaux et forums régionaux et nationaux dans la lutte contre la corruption ;
  • l’importance de la mise en œuvre de la résolution 4/3 dite « Déclaration de Marrakech » sur les mesures préventives pour favoriser une culture de l’intégrité, de la transparence et de la tolérance zéro envers la corruption ;
  • le rôle de l’éducation dans la mise en place de fondements solides pour une action anti-corruption à long terme. La nécessité d’imposer des programmes de lutte contre la corruption dans les établissements scolaires à tous les niveaux ;
  • le lien étroit entre la prévention de la corruption et la détection, les enquêtes et les poursuites en la matière ;
  • l’importance du renforcement de l’intégrité judiciaire et de la prévention de la corruption dans le secteur de la justice ;
  • l’engagement actif du secteur privé dans la lutte contre la corruption aux côtés de l’Administration et de la société civile.

La première participation de la Côte d’Ivoire en qualité d’Etat partie a été marquée, d’une part, par la communication en plénière du Ministre de la Justice des Droits de l'Homme et des Libertés Publiques sur l’engagement et l’expérience de notre pays en matière de lutte contre la corruption,
Et d’autre part, par la séance de travail de la délégation ivoirienne avec le Secrétaire Exécutif de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC). Au cours de cette séance, le Ministre de la Justice a réaffirmé la volonté du Président de la République de faire de la Côte d’Ivoire le fer de lance de la lutte contre la corruption en Afrique de l’Ouest, à travers notamment la création, à Abidjan, d’un bureau régional de l’ONUDC, et la réhabilitation du centre de traitement de la toxicomanie et sa transformation en un centre régional.