Le colloque a vu la participation d’un public large de plus de 350 personnes provenant principalement des services des Ministères de l’Economie et des Finances, de l’Intérieur et de la Sécurité , de la Justice, des Droits de l’Homme et des Libertés Publiques, ainsi que des structures nationales spécialisées et impliquées à divers niveaux dans la lutte contre la corruption telles que le SNGRC et la CENTIF-CI. Les organisations de la société civile, en l’occurrence les syndicats, les ONG et la presse ont été fortement représentées à cette activité. On note également que le grand public a pris une part active à ce colloque au travers des différents échanges qui l’ont meublé.
Tous les panélistes étaient présents et ont apporté chacun leur éclairage sur la lutte contre la corruption au regard des missions des services et organismes pour le compte desquels ils intervenaient.
A cette occasion, la nécessité de la mise en synergie des services face à la complexité du phénomène de corruption a été réaffirmée avec comme objectif final, l’amélioration de l’image de la Côte d’Ivoire non seulement à l’étranger, mais aussi et surtout vis-à-vis des populations pour la préservation de la cohésion sociale.
De ce point de vue, le colloque a atteint son objectif qui était d’une part, de faire connaître la BLC à ses différents partenaires institutionnels et d’autre part de renforcer les capacités des différents acteurs de la lutte.
En plus, la couverture médiatique dont a bénéficié l’évènement devrait contribuer à la notoriété de la BLC, et partant celle de l’IGF auprès du public.
Quant à l’atelier, il a permis de relever, à chaque étape de la lutte, qu’il s’agisse de la prévention, de la détection, des investigations ou des poursuites pénales dans le cadre du traitement des dénonciations enregistrées à la BLC, les contributions attendues des autres services pour des actions diligentes et efficaces. Des recommandations ont été faites dans ce sens en vue de la mise en place rapide de cadres de concertations et d’échanges pour formaliser les relations devant exister entre ceux-ci.
De ce point de vue, le décloisonnement recherché dans les activités de tous ces services pour ce qui concerne la lutte contre la corruption a connu un début d’effectivité avec la tenue de l’atelier.
En définitive, peuvent-être retenues les recommandations suivantes :

Au titre des recommandations d’ordre général:

- L’intégration dans les projets de loi en cours d’une procédure spéciale de répression de la corruption ;
- Le renforcement du statut des agents de la BLC ;
- L’élargissement de la possibilité d’utiliser les informations recueillies dans le cadre de la lutte contre le blanchiment de capitaux à la lutte contre la corruption ;
- Le renforcement de la sensibilisation des populations et des structures administratives en matière de lutte contre la corruption ;
- L’instauration d’une centrale d’achat comme solution au problème de la corruption dans les marchés publics ;
- L’implication du secteur privé national et international dans la lutte contre la corruption.
- La mise en place d’un référentiel de lutte contre la corruption et le recours au TIC pour renforcer la transparence vis-à-vis des principaux acteurs des finances publiques et promouvoir la dénonciation des actes de corruptions.

Au titre des recommandations spécifiques concernant la BLC et les autres structures impliquées dans la lutte contre la corruption :

- La désignation d’un point focal de la BLC dans toutes les grandes directions et les administrations sous tutelle du MEF. Il aura pour mission notamment de faciliter les relations entre la BLC et les administrations concernées ;
- La création de deux cadres de concertation périodiques, l’un entre la BLC  et les structures internes au MEF, l’autre entre la BLC et les structures externe au MEF, dans le but d’harmoniser les stratégies et les programmes de lutte contre la corruption dans l’administration financière ;
- La mise en place d’un comité mixte de collaboration, d’échanges et de concertation entre l’IGF et les différents Parquets. La présence du Parquet dans les investigations de police judiciaire de la BLC constituerait une garantie de légalité et de crédibilité ;
- La proposition par la BLC de protocoles de travail et de collaboration avec les structures extérieures au MEF telles que:

+ L’Inspection Générale d’Etat (IGE) ;
+ Le SNGRC ;
+ la Chambre Administrative et la Chambre des Comptes de la Cour Suprême ;
+ l’ANRMP ;
+ les Commissions de discipline ;
+ le secteur privé à travers la CGECI, La Chambre de Commerce et d’Industrie, la Chambre des métiers et la Chambre d’Agriculture ;
+ la société civile ;

- L’intensification  de la sensibilisation des acteurs de la lutte contre la corruption, des agents  et des usagers des administrations financières ;
- Le renforcement des actions de prévention par :

+ L’établissement d’une cartographie précise des risques de corruption au sein des administrations financières
+ La création d’une cellule de veille dans les directions, les services et les structures sous tutelle ;
+ La mise en place d’un système d’évaluation du niveau de corruption dans les administrations  financières assortie d’un classement et d’un système de sanction attaché à cette évaluation.